Comment reconnaître une vraie médaille Augis : poinçons, signatures et faux (guide 2026)

L’essentiel à retenir

Une médaille Augis authentique porte en principe deux types de marques bien distinctes et confondre les deux est la source de la plupart des inquiétudes.

D’un côté, la signature décorative (« A.AUGIS », « A.A » ou le « A » stylisé selon les époques), gravée sur la face ou le revers du bijou : elle relève du choix esthétique de la maison, pas de la loi.

De l’autre, les poinçons légaux français (poinçon de maître en losange, poinçon de titre en tête d’aigle pour l’or 18 carats), frappés discrètement sur l’anneau de bélière : eux relèvent du code des douanes. Une médaille sans signature visible n’est donc pas automatiquement une copie, à condition que les poinçons légaux soient présents.

Ce guide détaille où chercher, ce que chaque marque signifie, et comment dater une pièce grâce à l’évolution de la maison depuis 1830.

Grille de lecture : que vérifier sur une vraie médaille Augis ?

Marque à vérifier Emplacement habituel Forme Statut légal Absence = signe de faux ?
Poinçon de titre (tête d’aigle) Sur l’anneau de bélière Profil d’aigle tourné à droite Obligatoire au-delà de 3 g d’or Non, si la pièce pèse moins de 3 g
Poinçon de maître À côté du poinçon de titre Losange avec initiales et symbole Obligatoire quel que soit le poids Oui, son absence doit alerter
Signature « A.AUGIS », « A.A » ou « A » stylisé Face ou revers du bijou Gravure ou frappe décorative Non réglementée, libre choix de la maison Non, certains modèles n’en portent pas
Poinçon d’importation Sur l’anneau de bélière Forme ovale (jamais en losange) Obligatoire pour tout bijou fabriqué hors de France Sa présence signale une origine étrangère

Pourquoi certaines médailles Augis authentiques ne portent pas de signature ?

C’est la question qui revient le plus souvent chez les acheteurs de médailles Augis d’occasion : un modèle sans « A.AUGIS » ni « A.A » gravé peut-il être authentique ? La réponse tient à une distinction que peu de vendeurs expliquent clairement.

La signature en toutes lettres est un choix éditorial de la maison, pas une obligation légale. Certains modèles l’affichent bien visible, d’autres non, selon la collection ou l’époque de fabrication. Ce n’est donc jamais elle qui garantit l’authenticité au sens juridique du terme.

Ce qui garantit l’authenticité, ce sont les poinçons frappés sur l’anneau de bélière, le petit anneau qui retient la chaîne. D’après la Direction générale des douanes et droits indirects, tout bijou en or de moins de 3 grammes est dispensé du poinçon de titre (la tête d’aigle), mais il doit tout de même porter le poinçon de maître. Or une médaille de baptême pèse souvent entre 2 et 3 grammes : il n’est donc pas rare qu’un modèle authentique n’affiche pas la tête d’aigle, tout en conservant son losange de fabricant.

En résumé : l’absence de signature décorative ne prouve rien dans un sens ni dans l’autre. C’est la présence du losange sur l’anneau qui compte.

Où se trouvent le poinçon de maître et le poinçon de titre sur une médaille Augis ?

Les poinçons légaux se cherchent presque toujours au même endroit : l’anneau de bélière, à l’opposé de la face décorative. Une loupe grossissante (x10 minimum) est indispensable, ces marques mesurant rarement plus de 1 à 2 millimètres.

Deux poinçons se lisent généralement côte à côte :

  • Le poinçon de titre, tête d’aigle tournée vers la droite, garantit l’or à 750 millièmes (18 carats). Institué en 1838, c’est le plus répandu sur les bijoux français.
  • Le poinçon de maître, en forme de losange, contient les initiales du fabricant et un symbole propre à l’atelier. C’est la signature légale de l’artisan, à ne pas confondre avec la signature décorative « A.AUGIS ».

Pour les collections en or 9 carats (375 millièmes), c’est un trèfle à trois feuilles qui remplace la tête d’aigle, jamais la coquille Saint-Jacques (réservée à l’or 14 carats, un titre peu utilisé chez les médailleurs français traditionnels).

Comment la signature Augis a évolué depuis 1830 ?

La maison a changé plusieurs fois de nom et de visuel au fil de six générations, ce qui explique pourquoi les signatures varient d’une pièce à l’autre.

  • 1830 : Eugène Coquais ouvre une joaillerie à Lyon. Le nom Augis n’existe pas encore.
  • 1870 : Charles Augis, son gendre, reprend la maison.
  • 1896 : Alphonse Augis, fils de Charles, prend la direction et donne son nom à l’entreprise, qui devient « A. Augis ». Une pièce signée « A.AUGIS » ne peut donc pas être antérieure à cette date.
  • 1907 : Alphonse Augis crée la Médaille d’Amour, gravée du vers de Rosemonde Gérard.
  • 1930 : Franck Augis modernise les ateliers.
  • 1970 : Guy Augis stylise le « A » de la marque pour en faire une ligne de bijoux à part entière. Le logo « A » stylisé date donc de cette période, et non des décennies précédentes.
  • 2012 : rachat par Arthus Bertrand, qui regroupe la fabrication dans ses propres ateliers.
  • 2017 : Arthus Bertrand rejoint le groupe Chevalier, qui possède aujourd’hui Augis, Drago et Pichard-Balme.

Ce repère chronologique aide à situer une pièce, mais il ne remplace pas la lecture des poinçons : deux médailles du même modèle peuvent porter des variantes de signature selon le lot de fabrication.

Poinçon français ou poinçon d’importation : quelle différence sur une médaille Augis ?

La forme du poinçon de fabricant trahit toujours l’origine géographique de la pièce. En France, le losange est réservé aux ateliers domestiques. Une forme ovale signale au contraire un poinçon de responsabilité, apposé sur les bijoux fabriqués à l’étranger et importés en France.

Comme les médailles et bijoux de la Maison Augis sont fabriqués en France (à Lyon jusqu’en 2012, puis dans les ateliers du groupe), une pièce authentique récente ne devrait jamais porter de poinçon ovale. Un losange absent ou remplacé par une autre forme sur une médaille censée sortir des ateliers français doit alerter davantage qu’une simple absence de signature décorative.

Comment dater une médaille Augis grâce à ses poinçons et à son style ?

Trois indices se recoupent pour situer une pièce dans le temps :

  1. la forme de la signature décorative (« A.AUGIS » en toutes lettres, initiales « A.A », ou « A » stylisé post-1970),
  2. le style du motif (les collections religieuses et de baptême ont peu changé, les lignes plus contemporaines apparaissent après le rachat de 2012),
  3. l’usure du poinçon sur l’anneau, qui renseigne sur l’ancienneté d’usage plutôt que de fabrication.

Aucun de ces indices n’est suffisant seul : c’est leur recoupement qui permet une datation fiable et le doute persistant doit toujours être tranché par un professionnel plutôt que par un forum.

Comment vérifier l’authenticité selon votre profil ?

Vous achetez une médaille ancienne ou héritée

Examinez l’anneau de bélière à la loupe avant toute chose. Cherchez le losange, même si la tête d’aigle est absente ou usée. Comparez le style du motif avec les collections documentées par période plutôt qu’avec un seul exemple trouvé en ligne.

Vous achetez un modèle récent chez un revendeur

Privilégiez un revendeur officiel de la marque, capable de fournir une facture mentionnant le titre de l’or. Le certificat ou l’écrin ne remplace jamais le poinçon, mais il facilite la revente future.

Vous êtes collectionneur et cherchez à dater une pièce

Croisez la forme de la signature, le style du motif et la forme du poinçon de fabricant. En cas de doute sur une pièce de valeur, une expertise par un professionnel assermenté reste plus fiable qu’une identification par comparaison photo.

Notre recommandation

Face à une médaille Augis sans signature visible, retournez la pièce et cherchez, à la loupe, le losange sur l’anneau de bélière. C’est cette marque, et elle seule, qui a une valeur légale en France. La tête d’aigle peut manquer sur une pièce légère de bonne foi, mais le losange doit rester présent quel que soit le poids du bijou.

Pour une pièce ancienne ou de valeur, mieux vaut solliciter un expert assermenté qu’une identification à distance : le style et la signature aident à situer une époque, mais seule une expertise physique lève un vrai doute.

FAQ

Une médaille Augis non signée est-elle automatiquement un faux ?

Non. La signature « A.AUGIS » gravée sur la face est un choix décoratif de la maison, pas une obligation légale. Ce qui compte, c’est la présence du poinçon de maître en losange sur l’anneau de bélière. Une médaille légère, en dessous de 3 grammes, peut même légalement se passer du poinçon de titre (la tête d’aigle) tout en restant authentique.

Que signifie le petit losange gravé près de l’anneau ?

Il s’agit du poinçon de maître, la signature légale de l’atelier qui a fabriqué la pièce. Il contient les initiales du fabricant et un symbole propre à l’atelier et il est obligatoire sur tout bijou français en métal précieux, quel que soit son poids.

Existe-t-il des médailles Augis en or 10 carats ?

Le système français des poinçons ne reconnaît que quatre titres pour l’or : 999, 750 (18 carats), 585 (14 carats) et 375 (9 carats). Le 10 carats n’en fait pas partie. Une pièce marquée « 10K » sans poinçon français associé n’a probablement pas été poinçonnée en France, ce qui n’en fait pas nécessairement un faux, mais justifie une vérification plus poussée de son origine.

Comment savoir si ma médaille Augis est ancienne ou récente ?

La forme de la signature donne une première indication : « A.AUGIS » en toutes lettres apparaît à partir de 1896, le « A » stylisé à partir de 1970. Le style du motif et l’état d’usure du poinçon complètent cette lecture, mais seule une expertise permet une datation précise.

Le poinçon de titre est-il obligatoire sur toutes les médailles Augis ?

Non. Selon la réglementation douanière française, tout bijou en or de moins de 3 grammes est dispensé du poinçon de titre. Beaucoup de médailles de baptême se situent dans cette fourchette de poids, ce qui explique l’absence de tête d’aigle sur certaines pièces pourtant authentiques.

Où faire authentifier une médaille Augis ancienne ou héritée ?

Un bijoutier expert ou un expert assermenté peut confirmer le titre du métal et l’origine du poinçon, au besoin par un test à l’acide ou une analyse par fluorescence X. C’est la seule méthode fiable pour une pièce de valeur, bien plus que l’avis d’un forum ou d’une communauté en ligne.